Le 25 octobre 2026, la tonne de granulés livrée en vrac s’établissait en moyenne à 456 € dans 137 villes françaises, d’après le relevé publié par Selectra sur les tarifs publics de TotalEnergies. Elle a pris 25 € en trente jours, soit près de 6 %, alors que le même relevé donnait 431 € le 25 septembre. Pour qui hésite encore entre un poêle à granulés et une autre solution de chauffage, ce chiffre touche le poste le plus lourd du calcul.
Le granulé, ou pellet, est un petit cylindre de sciure compressée sans liant, qui alimente le foyer par une vis sans fin et se paie à la tonne, en vrac ou en sacs de 15 kg. Son prix suit les saisons, le transport et le marché européen du bois énergie, avec des hausses de rentrée qui reviennent chaque automne depuis la crise de 2022. La hausse d’octobre change-t-elle l’arbitrage établi il y a une semaine, et pour quel usage le poêle à granulés reste-t-il le bon choix ?
De 370 à 456 € la tonne, une rentrée plus chère que prévu
La courbe de l’année se lit en quelques dates, toutes tirées des relevés de la filière et des comparateurs :
- 16 avril 2026 : Propellet publie son bilan 2025, avec un vrac moyen à 370 € la tonne, contre 356 € en 2024 ;
- 14 septembre 2026 : le vrac passe de 387 à 426 € la tonne chez TotalEnergies, selon le baromètre de Selectra ;
- 17 septembre 2026 : la page de Propellet consacrée à son indice du deuxième trimestre affiche le vrac livré à 388 € la tonne, soit 8,43 centimes le kilowattheure ;
- 23 octobre 2026 : le budget d’un poêle à granulés choisi entre air, canalisable et hydro se calcule sur la moyenne de 431 € relevée le 25 septembre ;
- 25 octobre 2026 : la moyenne atteint 456 € la tonne, de 416 € à Brest et Angers à 505 € à Paris et Argenteuil.
Depuis l’indice du deuxième trimestre, la tonne a gagné près de 70 € par rapport à la référence de la filière, un indice qui ne rend compte des prix qu’avec plusieurs mois de retard. La comparaison point par point montre ce qui bouge réellement dans le calcul.
Ce qui valait la semaine dernière et ce qui vaut désormais
Quatre données de décision ont changé depuis le relevé de septembre, alors que l’appareil et sa pose n’ont pas bougé :
| Point | Avant | Désormais | Source |
|---|---|---|---|
| Vrac livré, moyenne nationale | 431 € la tonne (25 septembre) | 456 € la tonne (25 octobre) | Selectra, tarifs TotalEnergies |
| Ville la moins chère | 406 € à Angers | 416 € à Brest et Angers | Selectra |
| Ville la plus chère | 475 € à Argenteuil | 505 € à Paris et Argenteuil | Selectra |
| Coût du kilowattheure | 8,43 centimes (indice du deuxième trimestre) | 9,9 centimes environ | Propellet, calcul sur 4 600 kWh la tonne |
Le kilowattheure se recalcule simplement, en divisant 456 € par les 4 600 kWh que la filière retient pour une tonne. La hausse frappe plus fort les villes déjà chères : 30 € de plus à Argenteuil, 10 € seulement à Angers.
Le budget sur dix ans d’une maison de 110 m² recalculé
Le cas type reste celui d’une maison de 110 m² bien isolée, dont le poêle brûle 2 tonnes par hiver. Au prix du 25 octobre, la facture annuelle passe de 862 à 912 €, soit 9 120 € de combustible sur dix ans à prix constant, 500 € de plus qu’au relevé de septembre.
L’installation, entre 4 800 et 5 600 € fourni et posé pour un appareil de 8 à 10 kW, et l’entretien annuel de 100 à 200 € ne changent pas. Le coût complet sur dix ans s’établit désormais entre 14 920 et 16 720 €, soit 1 490 à 1 670 € par an, appareil, granulés et entretien compris.
La ville de livraison pèse presque autant que la hausse elle-même. À Brest, les deux tonnes reviennent à 832 € par an, à Paris à 1 010 €, un écart de 1 780 € sur dix ans pour le même poêle et la même maison. Ce constat oblige à regarder de plus près ce que la filière promettait au printemps.
Une stabilité des prix mise à l’épreuve dès l’automne
La filière française défendait au printemps un modèle fondé sur la production nationale, porté par 128 000 poêles vendus en 2025, en hausse de 36 % sur un an, et par près de 300 000 tonnes de capacités nouvelles en usine.
Cette organisation permet aujourd’hui de sécuriser l’approvisionnement et de stabiliser les prix.
Éric Vial, délégué général de Propellet, lors de la présentation du bilan 2025 de la filière granulé, avril 2026
L’approvisionnement tient, mais la stabilité se lit sur l’année plus que sur la saison. Sur douze mois, le vrac a gagné environ 18 % chez TotalEnergies, passant de 385 € le 25 septembre 2025 à 455,69 € le 25 octobre 2026, ce qui reste loin des pics proches de 600 € atteints en 2022. Le levier le plus direct pour un ménage tient alors à la façon de commander.
Vrac ou palette, la commande qui amortit la hausse
Fin août, la palette de 66 sacs de 15 kg coûtait une cinquantaine d’euros de plus par tonne que le vrac. En octobre, TotalEnergies l’affiche à 446 € hors livraison pour 990 kg, soit environ 450 € la tonne, sous la moyenne du vrac livré. L’avantage du vrac, qui justifiait un silo ou une trémie de stockage, s’est donc effacé cet automne.

Les sacs ont pour eux la souplesse du stockage. Une palette tient sur moins d’un mètre carré au sol, dans une buanderie ou un cellier bien ventilé, à condition que la pièce reste sèche, car un granulé humide perd son pouvoir calorifique et encrasse le foyer. Deux palettes couvrent l’hiver de la maison de 110 m².
Le poêle étanche à air garde sa place dans le séjour
La hausse d’octobre ajoute une cinquantaine d’euros par an pour deux tonnes, sans renverser la hiérarchie des solutions. Le poêle étanche à air reste le choix le plus juste pour un séjour ouvert de 60 à 100 m² dans une maison occupée tout l’hiver, à 1 490 € par an environ tout compris.

Le poêle hydro, raccordé à des radiateurs en fonte, acier ou aluminium, consomme davantage et subit la hausse en proportion : au-delà de 3 tonnes par an, l’écart dépasse 75 € à chaque hiver. Ceux qui cherchent avant tout une flamme d’agrément garderont l’œil sur la cheminée contemporaine et ses foyers fermés, moins sensibles au prix du combustible.
Ce qui se décidera avant le cœur de l’hiver
Le prochain indice trimestriel de Propellet, attendu pour le troisième trimestre, n’a pas de date annoncée. La filière travaille avec le CEEB à un indice mensuel, plus réactif, sans calendrier publié, ce qui laisse pour l’heure les relevés des distributeurs seuls juges des prix.
Depuis la fin de MaPrimeRénov’ par geste pour le poêle à granulés au 1er septembre 2026, le reste à charge ne se discute plus qu’avec le poseur et le fournisseur. La date de commande et la ville de livraison décident désormais d’une part du budget comparable au choix de l’appareil, et chaque relevé mensuel peut déplacer le calcul de quelques dizaines d’euros.



